Ardenne wallonne
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La veine franco-belge

Une veine ardoisière qui chemine de Haybes/Fumay

jusquà Oignies en Belgique

La route vers la Belgique

Le terrain ardoisier se moque bien des frontières dessinées par les hommes et tout comme Haybes et Fumay en France, le village voisin de Oignies était aussi couvert d’ardoisières : Belle-Haye, Hamérienne, Naubertin, Notre-Dame, Périquet, Saint-Joseph, Saint-Théodore, Trou du Diable. . . Mais Oignies était pauvre, vivant, sous l’Ancien Régime, un peu de l’agriculture et surtout de l’exploitation forestière. En 1820, un incendie accidentel dévasta le village. Douze ans plus tard, malgré les aides publiques et privées, 80 maisons n’avaient pas encore été reconstruites. Dès le XVIIIème siècle, de nombreux Onégiens (habitants de Oignies) travaillaient dans les ardoisières de Fumay et de Haybes, l’exploitation de la plupart des ardoisières locales ne commençant qu’au début du XIXème siècle. Mais malgré tout, le travail manquait à Oignies, l’ouvrier prenait la route de la France vers Fumay ou Haybes, où on lui confiait généralement les tâches les plus ingrates et pénibles, Rien d’étonnant à ce que le village fut surnommé le « village des veuves » tant la mortalité des travailleurs était importante, l’espérance de vie avoisinant les 40 ans.

Carte Fumay, Haybes, Oignies

Travail des enfants et des femmes

Des enfants au travail dans les ardoisières

Dès la première moitié du XIXème siècle, un certain nombre d’enfants entraient dans les ardoisières vers 7-8 ans. Ils travaillaient pour les fendeurs en évacuant les déchets de production vers les verdeaux (terrils d’ardoise) dans de larges paniers en bois. D’autres   transportaient, du fond vers la surface, les outils des ouvriers pour un réaffûtage par les forgerons et les redescendaient ensuite. Vers l’âge de 12 ans, ils exerçaient petit à petit les mêmes tâches que les adultes. Il faudra attendre 1889 pour que le travail soit interdit pour les enfants de moins de 12 ans.

Les jeunes femmes, quant à elles, se relayaient de six en six heures, par équipes de huit, pour actionner les pompes à bras qui permettaient d’évacuer l’eau qui envahissait en permanence les carrières. En surface, elles étaient principalement dévolues au chargement de la production sur les charrettes.

L’exploitation ardoisière sur le bassin de Oignies prend fin vers 1926, avec l’ardoisière de l’Hamérienne.

Entrée de l’ardoisière l’Hamérienne

Couverture du n°145 (juin 2016)

 

Dans le numéro 145 (juin 2016) de notre revue Ardenne wallonne, Pierre Cattelain, conservateur de l’Ecomusée (ULB) du Viroin à Treignes, évoque les ardoisières de Oignies-en-Thiérache. Le numéro est toujours en vente au secrétariat de l’association : ardennewallonne@laposte.net

 

 

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